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Édito "Habiter le Temps ordinaire"


Depuis mardi dernier, nous sommes entrés dans le Temps ordinaire. Cela durera jusqu’au mardi 13 février, après quoi commencera le Carême. Et le Temps ordinaire reprendra après le Temps pascal, dans les derniers jours de mai, pour se prolonger jusqu’à fin novembre et laisser place au Temps de l’Avent.


« Ordinaire » : ce mot n’est guère exaltant. Lorsque l’on dit d’une personne qu’elle est très ordinaire, c’est parce qu’elle n’est pas distinguée, voire parce qu’elle est vulgaire. Le Temps ordinaire serait-il ainsi, marqué d’une négativité qui conduirait à ne pas l’aimer ?

Etymologiquement parlant, « ordinaire » traduit le latin ordinarius, forgé sur le terme ordo qui signifie « ordre ». Il s’oppose à ce qui est extraordinaire, en dehors de l’ordre, comme la période que nous venons de vivre pendant les fêtes de fin d’année. La fête, c’est le temps du non-ordre, du désordre, pourrait-on dire, et il est probable que c’est ainsi que nous avons vécu les fêtes récentes. Le 24 et le 31 décembre, les jeunes enfants se sont couchés nettement plus tard que d’habitude, pour découvrir, le 24, les jouets déposés au pied du sapin et, le 31, ne pas manquer les premières minutes de la nouvelle année. Ce désordre-là est terminé, les jours qui viennent respecteront davantage les rythmes habituels, ils seront davantage ordonnés. Après le temps de la fête, risque alors de s’installer le temps de l’ennui, de la pesanteur du présent, les jours succédant aux jours et les semaines aux semaines, sans qu’il se passe quoi que ce soit d’intéressant.

Au-delà de ce regard désabusé, il me semble, au contraire, que l’ordre a une dimension positive. Le désordre est agréable à condition qu’il ne dure pas trop longtemps, car il nous fait perdre nos repères. La plupart des pénitents avouent qu’ils prient moins bien pendant les vacances que pendant les périodes où ils travaillent, car leur ordre du jour habituel est perturbé.   

 

Alors, le Temps ordinaire ne pourrait-il pas être le temps où nous profitons de la durée, et avoir pour accent la persévérance ? « Persévérer », si l’on en croit le Petit Robert, c’est « continuer de faire ou d’être ce qu’on a résolu, par un acte de volonté renouvelé ». Cela comporte de la nouveauté ; chaque jour qui se lève est alors un jour nouveau, marqué par la positivité. Je vous propose, pour chaque matin de ce Temps ordinaire, la prière suivante, que vous pourrez aménager à votre gré :


« Tu es béni, Seigneur, pour ce jour qui commence. Je te rends grâce pour chaque instant que je vais vivre, car il est un cadeau que tu me donnes par amour. Qu’il soit un temps pour me convertir et que je contribue à l’avènement de ton Règne. »     

Si nous habitons ainsi le Temps ordinaire, il sera tout sauf banal.



Michel Quesnel, prêtre auxiliaire à Saint-Bonaventure et à la chapelle de l’Hôtel-Dieu

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