EDITOS

Edito du 14 janvier : « ACTEURS DE L'ORDINAIRE»

 

     

     Si je m’écoutais, je ne parlerais que de galettes, de fèves et de tous ces enfants qui passent sous la table pour répondre sans se tromper, de leur petite voix, quand on leur demande « c’est pour qui ? » et qu’ils sont surtout impatients de dire « c’est pour moi ». Tellement en ce début de l’an elle nous fatigue cette énième nouvelle vague de la pandémie : troisième, quatrième, cinquième… on ne sait plus. Mois après mois la lassitude s’installe et la valse des protocoles sanitaires suscite incompréhension, colère à l’école et un ras le bol général. A quand, enfin, un retour à la vie « normale », à la liberté retrouvée d’aller et venir sans contraintes.

     La vie normale entre guillemets, mais pas le retour à la vie ordinaire, car que restera-t-il quand enfin la pandémie s’éloignera ? Peut-être aurons- nous appris que nous sommes fragiles, que nous n’avons pas la maîtrise de tout, et surtout, malgré l’individualisme ambiant, que nous sommes dépendants les uns des autres, non pas liés par la malice d’un virus contagieux mais par la responsabilité qui nous incombe de prendre soin de chacun.

     Face à tout cela me revient de façon répétée cette question : quel est ce temps ordinaire que nous propose la liturgie lors des dimanches à venir ? Nous y sommes entrés depuis le 10 janvier, au lendemain de la fête du baptême du Seigneur. Nos yeux et nos cœurs se sont remplis durant le temps de Noël, de la révélation de l’inouï : de l’incarnation de notre Dieu, de son choix d’habiter au milieu de nous. Et le mouvement de la liturgie nous conduira bientôt, avec le Carême, aux chemins de Pâques.

      Le temps ordinaire ce sont les événements du monde qui appellent notre attention, avec tout ce qu’il est possible de lucidité et d’engagement. Le chrétien n’est pas dans le monde un riverain ou un spectateur. Sa foi l’incite à un regard large sur la vie des hommes. Elle l’engage à l’espérance, cette surprenante vertu de résistance au fatalisme ou à l’immédiat, au nom même de celui qui est au cœur de notre foi et dont l’engagement fut sans faille.

     Le temps ordinaire est ce que nous vivons ainsi, au creux des jours et dans le flux ininterrompu des événements du monde. Et nous sommes appelés à le traverser dans cette attention à la vie des hommes et du monde, que Dieu aime – comme les anges l’ont chanté dans le ciel de Noël ! Nous sommes arrimés à cet amour de Dieu, qui est source pour nous d’une espérance infinie. Mais cela nous confère aussi une responsabilité vive, au nom de l’Evangile. Alors malgré le harassement démobilisateur de cette épidémie qui n’en finit pas, avec l’envie de passer à autre chose, soyons-donc des acteurs de l’ordinaire !

 

   P.ROLLIN+

   Recteur St Bonaventure/chapelle Hôtel-Dieu

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Edito du 7 janvier : « Coup d'envoi »

 

      Ça y est ! Une nouvelle année s’engage. Déjà se profilent à l’horizon et au gré des pages de nos agendas des événements à vivre, des rendez-vous à honorer, des fêtes et des anniversaires à souhaiter, des déplacements à prévoir. Chacun sait cependant qu’au beau milieu de tous les projets échafaudés pour l’année qui commence, il lui faudra prendre en compte ce que d’aucuns appelleront des imprévus ou des accidents de la vie et que d’autres reliront comme des appels de l’Esprit.

     Le temps est à souhaiter le meilleur à celles et ceux que nous croisons. Une nouvelle année commence mais de quoi l’année 2022 sera-t-elle faite ? Horoscopes et diseuses de bonne aventure nous promettent comme d’habitude ce qui leur passe par la tête. L’évangile dans sa grande sagesse, nous rappelle inlassablement de nous méfier de ces faux prophètes pour retrouver le chemin du Christ et grandir dans l’amitié avec lui. Voilà non seulement matière à bonne résolution pour chacun de nous, mais aussi matière à vœux pour nos proches. Le Christ ne cesse de nous rejoindre au cœur de la vie qui est la nôtre.

      Alors je vous propose d’entrer dans cette nouvelle année par la porte de la magnifique bénédiction que la liturgie nous a donné d’entendre le 1°Janvier : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix » (Nombres 6, 24-26).

    Nos vœux pourraient tenir dans l’attitude qu’enseignent ces mots : une invitation à bénir sans trêve. C’est un geste humain essentiel. Chacun peut, et doit peut-être, le poser sur ceux sur lesquels il est appelé à veiller. Bénir, c’est désirer, à travers des mots ou des gestes, d’une humanité profonde, les combler de l’amour de Dieu.

     Puisque le temps est à souhaiter le meilleur à celles et ceux que nous croisons, bénissons inlassablement ceux que nous rencontrons. Le coup d’envoi est donné. Belle et sainte année 2022 !

 

   P.ROLLIN+

   Recteur St Bonaventure/chapelle Hôtel-Dieu