ÉDITOS

La famille Lefèvre :

Témoignage-débat et concert

Vendredi et samedi 6 & 7 mai 

à 20h30

 

La famille Lefèvre, grande gagnante de l'émission "La France a un incroyable talent", vous donne bientôt rendez-vous à Lyon!

Les membres nous feront profiter de leur expérience et de leur voix, en deux moments...

ÉDITO 

Éditorial du 23 septembre : "Qui suis-je ?"

 

 

 

 

L’autre jour, j’ai croisé dans la rue un quidam portant un sweat-shirt blanc sur lequel étaient écrits ces mots : « Je suis Jésus. » Encore un illuminé, me suis-je dit, on vit vraiment une époque formidable. J’ai eu presque envie de lui demander de faire un miracle, là, tout de suite, pour voir de quoi il était capable. Puis, me retournant, j’ai vu qu’il portait à l’arrière de son sweat-shirt cette autre inscription : « Et toi, qui suis-tu ? » Ah ! Ah ! Joli jeu de mots. Je suis Jésus, et toi qui suis-tu ? Du coup, je me suis demandé : qui suis-je ? Comment ça, qui suis-je ? Ce que je veux savoir, ce n’est pas qui je suis, mais bel et bien qui je suis.

 Tu me suis ? C’est la question que nous pose Jésus dans l’évangile de ce dimanche. En évoquant les sorts opposés de Lazare et du riche, il réaffirme une exigence d’une actualité toujours prégnante. Lazare, aujourd’hui, n’a pas changé de place. Il continue de souffrir à notre porte. Le voyons- nous ? Il y a si souvent un abime entre lui et nous !

  Mais à cette première question il faut en ajouter une autre, pas moins forte. La mort renverse la situation des humains. Le malheureux riche qui n’espère plus rien pour lui plaide en faveur de ses cinq frères dont la vie est toute semblable à la sienne. Que Lazare aille donc de toute urgence vers eux pour les avertir et les presser de se convertir. Ils ne pourront résister à la parole de celui qui revient de chez les morts.

  La réponse de Jésus claque. Comme une gifle pour réveiller. De quoi décontenancer ceux qui misent sur les prédictions, les apparitions, les guérisons, les résurrections et les prodiges de tous genres pour convertir ou se convertir. Il n’y a qu’un signe offert à Israël pour sa conversion, ce sont les Ecritures : la Loi et les prophètes. Les Evangiles pour susciter la foi, sont plus convaincants que la résurrection d’un mort qui se met à parler. Alors tu me suis ?... nous demande Jésus. Aujourd’hui  même, pendant qu’il est encore temps !

  

   P.ROLLIN+

   Recteur St Bonaventure/chapelle Hôtel-Dieu

ÉDITO 

ÉDITO PRÉCÉDENT

Éditorial du 16 septembre:  « Bonaventure, un élément de notre patrimoine »

A Saint-Bonaventure et à la chapelle de l’Hôtel-Dieu, nous bénéficions d’un patrimoine architectural de grande valeur, mais également d’un patrimoine immatériel exceptionnel qui nous est spécifique, à savoir la personne de Bonaventure, le Docteur Séraphique, mort pendant le 2ème Concile de Lyon, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1274, et inhumé dans la chapelle du couvent franciscain situé dans la Presqu’Île. C’est sur sa tombe que fut édifiée l’actuelle basilique Saint-Bonaventure.

Il eut de hautes responsabilités dans l’Eglise. Il avait tout juste quarante ans quand ses confrères l’élurent ministre général de l’ordre franciscain, en 1257 ; il le gouverna en ayant à cœur de lui donner une organisation efficace, tout en restant humble et fraternel dans ses relations. Le pape Grégoire X le créa cardinal en 1273.

Bonaventure est surtout l’un des plus grands théologiens du Moyen Âge, et même de toute la tradition chrétienne. Sa pensée, ainsi que celle de Thomas d’Aquin, le Docteur Angélique, son contemporain, illumina la vie de l’Eglise au XIIIe siècle. Tous deux ont scruté les mystères de la Révélation à la lumière de la raison humaine. Ils posent la question de savoir si la théologie est une science pratique ou théorique ; les deux, répondent-ils l’un et l’autre, mais Bonaventure ajoute une troisième dimension, à savoir une dimension de sagesse qui mobilise le cœur en plus de la réflexion.

Cela donne à sa théologie une touche affective, où l’amour a toute sa place, et occupe même la première place. Celui qui aime veut toujours connaître mieux et davantage l’être aimé. L’une de ses œuvres principales s’appelle L’itinéraire de la pensée en Dieu : tout un programme !

Notre époque, éprise de rationalité et souvent méfiante vis-à-vis de l’affectif, a beaucoup à prendre dans les écrits de cet homme, qui est un grand auteur spirituel autant qu’un grand théologien.

Les Editions Vaticanes nous ont permis de publier en français trois audiences sur saint Bonaventure données à Rome par le pape Benoît XVI en 2010. Ce livret de 24 pages est disponible à Saint-Bonaventure et à la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Chacun pourra s’en nourrir et en tirer profit.

   P. Michel Quesnel

Prêtre auxiliaire à Saint-Bonaventure et à l’Hôtel-Dieu

 

ÉDITO PRÉCÉDENT

Éditorial du 9 septembre:  « C’est la rentrée ! »

C’est la rentrée ! Le mot est sur toutes les lèvres. Il s’affiche en grosses lettres sur les publicités du moment. Il fait la une de plusieurs magazines. La basilique St Bonaventure et la chapelle de l’Hôtel-Dieu n’y échappent pas. C’est la rentrée aussi. Après la pause estivale notre newsletter reprend du service !

  La rentrée, c’est chaque année, comme un rituel où se mêlent plaisir et inquiétude. On est content, de retrouver des visages amis, un environnement connu, ses repères familiers, ses petites habitudes, après les dépaysements de la période estivale, pour ceux qui ont eu la possibilité de partir. Mais cette joie discrète peut aussi s’effacer quand la rentrée n’est plus qu’un retour ennuyeux et lassant à ce que l’on avait laissé derrière soi durant quelques semaines, que l’on avait même parfois tenté d’oublier. On était parti, on rentre, et décidément, rien ne semble avoir bougé.

  Pourtant la rentrée ce n’est pas fatalement continuer à faire pareil. C’est la perspective d’inventer du neuf, c’est guetter et discerner l’inattendu heureux qui peut advenir. C’est, ou ce devrait être, le temps de l’espérance qui peut malgré tout s’insinuer dans les fractures de la vie. En cette rentrée il semble que cette promesse a bien du mal à se frayer un chemin. La société est morose. Après les canicules et les incendies de cet été, la guerre en Ukraine, est-on en capacité d’attendre du nouveau, si ce n’est celui que l’on redoute, comme l’effondrement du monde tel qu’il est envisagé par les collapsologues. Ce scepticisme ou cette incrédulité nous les trouvons dans l’évangile de Jean, avec le personnage de Nicodème. Quand Jésus lui dit qu’il peut « naître de nouveau » (Jean 3,3 et 7), il est plus que perplexe : « Comment peut-il se faire ? » (Jean 3,9). Il y a pourtant dans le grec un jeu de mots susceptible de lui apporter un élément de réponse. Le terme « de nouveau » signifie aussi « d’en-haut ». N’est-ce pas cette référence à une autre dimension, qui seule peut susciter du neuf ? Jésus la désigne à Nicodème comme étant l’œuvre de l’Esprit. Ce « vent » qui « souffle où il veut ». « Tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. » (Jean 3,8)

  Eh bien c’est la rentrée, c’est aujourd’hui qu’il faut se rendre disponible à l’Esprit de l’Evangile pour redonner du souffle nos vies essoufflées. Le souffle de Dieu a cette capacité de dépassement et de résistance qui brise les enfermements, qui suscite des possibles, qui ouvre aux autres et à un Autre. Puisse ce travail de l’esprit éclairer d’espérance notre rentrée et ouvrir de nouveaux horizons à ce « monde que Dieu a tant aimé » (Jean 3,16).

   Bonne rentrée à tous !

   P. ROLLIN

   Recteur St Bonaventure/chapelle Hôtel-Dieu