EDITOS

Edito du 17 septembre - « passion patrimoine »

 

 

 

 

 

 

        Ce week-end des 18 et 19 septembre, la carte postale devrait être belle. Devant des monuments prestigieux, on verra les Français faire la queue de longues heures. De minuscules églises de campagne vont ouvrir leurs portes à des visiteurs habituellement rares. D’anciens sites industriels, d’ordinaire dédaignés des passants, trouveront des oreilles pour écouter leur histoire… Comme chaque année, la France des amoureux du patrimoine va se réveiller, se réjouir et se compter à l’occasion des Journées du patrimoine.

     Année après année, le succès de ces journées ne se dément pas, et ce sera probablement encore le cas cette année, même on n’est pas encore sortis de la crise sanitaire. Mais pas question de bouder son plaisir. Nombreux seront ceux qui profiteront de cette occasion pour découvrir ou redécouvrir le patrimoine religieux : cathédrales, basiliques, églises, chapelles dont certaines sont habituellement fermées.

     Comme chaque année, des chrétiens vont se mobiliser pour assurer le meilleur accueil aux gens de passage et témoigner que tous ces édifices ne sont pas que des traces d’un passé révolu. Ici, la pierre ne se réduit pas à la matière. Elle possède une âme, celle des bâtisseurs. Les églises sont des lieux où l’architecture, les pierres, les vitraux, la statuaire, les peintures, les ex-voto, le mobilier liturgique disent la foi d’un peuple, d’une communauté.

    Ce week-end encore on constatera, tristement, qu’aujourd’hui le plus grand nombre ne sait en déchiffrer l’écriture. Aussi merci à ceux qui se mobilisent afin de donner aux visiteurs des clefs pour entrer dans une intelligence culturelle du christianisme. Ce n’est pas seulement les emmener l’espace d’un week-end sur les chemins de leur mémoire religieuse. C’est aussi revisiter avec eux ce patrimoine de foi pour les initier à la vie en Dieu.

   P.ROLLIN+

   Recteur St Bonaventure/Chapelle Hôtel-Dieu

PRECEDENT EDITO

Edito du 10 septembre - « C’est un jardin extraordinaire »

 

 

 

 

 

 

    « C’est un jardin extraordinaire » Nous connaissons-tous la chanson. Mais savez-vous que se trouve au chevet du clocher de St Bonaventure un jardin d’agrément qui a été transformé en potager par la Mairie de Lyon. Et cet été des ateliers découvertes ont été proposés aux enfants afin de les initier aux plantes, au jardinage, aux joies de la nature.

    Dans la Bible, tout commence et tout finit dans un jardin. Les jardins et les plantes de la Bible sont une invitation au voyage, vers un jardin d’où l’homme est parti et où Dieu l’attend. Les plantes sont, tout au long des livres, les compagnes de l’homme qui se cherche lui-même en cherchant son Dieu.

  

    Aujourd’hui, que disent les plantes à l’homme croyant ? Il n’y a pas de jardin sans jardinier. Dans le temple de la nature les plantes ne connaissent que la loi du plus fort. Leur combat pour la vie est d’une violence effrayante. Elles sont toujours prêtes à étouffer leurs voisines. Elles sont beauté, grâce, légèreté, force et vigueur, générosité et abondance, seulement à la mesure de notre sollicitude. Mais les efforts incessants qu’elles exigent de nous : bêcher, planter, tailler, arroser, élaguer, arracher… nous enseignent beaucoup : l’humilité, la patience, l’abandon et la remise de soi, car tout cela marche ou pas et, au bout du compte, c’est Dieu qui fait pousser.

  

    Pour découvrir cet art de vivre avec Dieu, l’homme a souvent besoin d’un initiateur : un grand père ou un père jardinier, qui aide à décrypter les choses, à pressentir que, rythmées par le cycle de saisons, les plantes parlent de la vie et de la mort, de la lenteur à croire et à croitre, de la pérennité de la mémoire de Dieu. Alors l’homme devient capable à son tour de jardiner, de trouver la juste distance, de s’émouvoir et de s’émerveiller devant la beauté éphémère d’une rose qui, comme l’écrivait le mystique Angelius Silesius, « est sans pourquoi » et « fleurit parce qu’elle fleurit ».  

   

    En ce mois de septembre où nous sommes invités à vivre un temps œcuménique autour de la création, que nous ayons un jardin ou non, que nous aimions ou non jardiner, n’oublions pas que les véritables fruits de la Bible sont moins à croquer qu’à laisser murir dans notre cœur.

   Beau mois de la création à tous !

   P.ROLLIN+

   Recteur St Bonaventure/Chapelle Hôtel-Dieu