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Édito : 10 novembre : L’huile, ce que l’on a en réserve, au cas où ?

11 Novembre la France fête l’armistice de « la grande guerre ». Pour les croyants cette date est aussi une invitation à prier pour la paix dans le monde. Dans le contexte actuel des tensions liées au conflit du Proche-Orient, de ses conséquences en France marqué par une hausse des actes antisémites, de l’inquiétude que cela engendre : comment éviter l’embrasement ? Il est bon d’accueillir l’appel à la paix signé par notre archevêque et les autres responsables religieux de Lyon. Prenant acte « d’opinions diverses, voire opposées », ils invitent leurs communautés « à cultiver le dialogue confiant et le respect mutuel ».

Shalom, Salaam, la paix, comme elle tarde à venir… Ce dimanche, la parabole de l’évangile avec les dix jeunes filles invitées à des noces qui s’assoupirent et s’endormirent face au retard de l’époux, nous interpelle sur notre potentiel spirituel face à l’attente, à la longue attente du Règne de Dieu dans le monde et dans notre propre vie.

La tentation de baisser les bras et de ne plus rien attendre, même plus de Dieu (certains diraient : surtout plus de Dieu !) est grande aujourd’hui face aux conflits de par le monde, au dérèglement climatique, aux limites de l’actuel système financier et économique ou à la prédominance continue de l’injustice, du mensonge, voire de la corruption… Comment trouver la bonne posture éthique et pratique entre l’indignation, qui peut en appeler à la révolte, et la résignation du : « à quoi bon ? » A quoi bon ne pas faire comme tout le monde dans la profession, dans le commerce, dans la classe, dans la circulation automobile… A quoi bon continuer à venir à la messe le dimanche »

Face à ces tentations, la Parole de Dieu nous dit aujourd’hui : « Tenez bon ! Tenez bon, même si vous avez le sentiment que le temps se fait bien long, que Dieu malgré votre foi et vos prières, n’intervient pas comme vous le souhaiteriez. Le Royaume de Dieu appartient à ceux qui ne se résignent pas. »

Pour cela, il nous faut alimenter régulièrement la réserve d’huile dont notre lampe a besoin pour aller à la rencontre de ce Dieu qui veut se lier à nous dans d’amoureuses noces. Encore faut-il que nous en éprouvions le désir, un désir qui va de pair avec celui de rencontrer l’Epoux.

L’huile, c’est ce que l’on a en réserve au cas où…mais l’importance de cette réserve dépend elle-même du désir que l’on porte au plus profond de soi d’accueillir « l’époux », même s’il arrive à une heure tardive. Notre parabole nous invite donc à demander instamment à Dieu comme nous le chantons parfois : « Tiens ma lampe allumée, la flamme est si fragile… »

P.ROLLIN

Recteur Basilique St Bonaventure/Chapelle Hôtel-Dieu

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