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Homélie de Noël

Lundi 25 décembre 2023 – Jour de Noël

 

Isaïe 52, 7-10 / Psaume 97 (98) / Hébreux 1, 1-6 / Jean 1n 1-18

Homélie du P. Michel Quesnel


En cette journée du 25 décembre, la liturgie ne tourne plus nos regards vers l’enfant de la crèche, mais vers le projet de Dieu lorsqu’il envoya son Fils. La page d’évangile retenue est le prologue de Jean. Elle est tellement riche que chaque verset pourrait alimenter une homélie. Rassurez-vous : je ne vais pas commenter chaque verset mais j’opère un choix, celui des versets 4 et 14.

Je relis le verset 4 : « En lui était la vie, et la vie était lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » Et le verset 14, en traduction plus littérale : « Et le Verbe s’est fait chair, il a planté sa tente parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »

« En lui était la vie » : nous sommes entourés de vie, et nous y sommes tellement habitués que nous avons cessé de nous en émerveiller. Mais n’est-ce pas merveilleux, la vie ? A commencer par la vie des plantes, en continuant par celle des animaux, et en arrivant à la vie des humains. Un être vivant jouit d’une certaine autonomie ; il vit par lui-même ; il n’a besoin que d’une chose : se nourrir. Il se nourrit par ses racines pour les plantes et les arbres, et par la bouche pour les animaux et les humains. Le problème de tous les êtres vivants, cependant, c’est aussi qu’ils meurent. Ils ont une fin. Un jour, la vie les abandonne, et ils cessent leur existence terrestre.

Ce que le prologue de Jean nous annonce, c’est que la vie est aussi lumière, et que les ténèbres de la mort ne peuvent arrêter cette lumière. Autrement dit, il existe de la vie au-delà de la vie. Nos sens ne nous permettent pas de nous en rendre compte, mais notre foi nous l’affirme.

Si je me centre maintenant sur le verset 14 : « Le Verbe a planté sa tente parmi nous. » Il a planté sa tente. Une tente est une demeure provisoire : on la monte, on la démonte, et l’on va habiter ailleurs. C’est bien ce qui s’est passé pour Jésus. En ces jours qui sont les derniers, comme l’écrit l’épître aux Hébreux, Jésus a planté sa tente sur notre terre. Cela dura un peu plus de trente années. Et c’est maintenant terminé. Jésus n’est plus présent physiquement, il n’est plus visible. Nous n’avons plus que les textes bibliques pour connaître ce qu’il était, ainsi que sa présence intérieure en nous. C’est une autre forme de présence, plus discrète et cependant réelle.

L’affirmation de l’épître aux Hébreux que ces jours sont les derniers nous touche particulièrement depuis quelques décennies. Nous savons que la population humaine grandit de façon exponentielle : les dix milliards d’habitants sont à l’horizon. Nous savons que la planète se dégrade avec une grande rapidité et qu’elle ne sera bientôt plus habitable, sans doute dans quelques siècles au maximum.

Nous savons que les forces des ténèbres sont à l’œuvre, à commencer par notre mort personnelle ; la vie humaine ne dépassera jamais cent vingt-cinq ou cent trente ans. Mais est-ce une raison de désespérer ? Assurément non, car les ténèbres ne peuvent arrêter la vie et la lumière qui sont en Dieu et dont Jésus a été le révélateur.

Oui, en ce jour de Noël, nous fêtons la venue de la vie et de la lumière sur cette terre, et nous nous réjouissons que ce que nous ressentons comme une fin, un achèvement, n’est pas une fin totale. C’est une fin provisoire, en attendant l’éclosion de la vie et de la lumière définitives.

Je dis alors aux adultes et aux vieillards : ne craignez pas la mort, elle n’est qu’un passage.

Je dis aux adolescents et aux jeunes adultes : n’hésitez pas à avoir des enfants. En les mettant au monde, vous offrez à des êtres nouveaux de connaître la vie et la lumière qui viennent de Dieu. Vous serez alors des passeurs de vie. Davantage d’être vivants seront enfants de Dieu, en même temps que frères et sœurs de Jésus Christ. Il serait dommage de les en priver.  

Je dis à nous tous : ne perdons pas l’espérance. Cette petite vertu théologale, comme l’appelait Charles Péguy, est celle qui nous donne envie de vivre et de transmettre la vie ; envie de recevoir la lumière divine et de la partager avec de nombreux frères humains.

Profitons à plein de la joie de Noël.

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