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Édito du 2 juin : Le P. Max Bobichon : évangéliser en se faisant proche

Dans la Newsletter de la semaine dernière, nous annoncions le décès du P. Max Bobichon, âgé de quatre-vingt-treize ans, et nous publiions le superbe message qu’il avait écrit à l’intention de ceux qui restent sur cette terre après qu’il en est parti. Ses obsèques ont eu lieu mercredi dernier à la Primatiale. Je l’ai moi-même bien connu. Parmi les messages qu’il nous laisse, je retiens celui-ci : l’un des moyens privilégiés pour être témoin de l’Evangile, c’est d’être proche des gens. C’est d’ailleurs ce que Jésus a vécu lui-même.

Lorsque, dans l’évangile de Jean, Jésus demande à Pierre s’il l’aime vraiment, Pierre lui répond : « Je suis ton ami » Or, l’amitié est loin d’avoir la valeur de l’amour que Jésus sollicite chez Pierre. Le même dialogue se produit deux fois. La troisième fois, Jésus demande alors à Pierre : « Es-tu mon ami ? » Se rendant compte que Pierre n’avait pas la force de l’aimer d’un amour totalement gratuit (en grec, agapè), Jésus s’est mis à sa portée, il ne lui demande que de l’amitié (Jean 21, 15-17). L’attention que Jésus porte à Pierre est un modèle. Max Bobichon en a fait l’une de ses règles de conduite. Et cela porte des fruits.

J’habite depuis bientôt douze ans sur le territoire de la paroisse Notre-Dame-Saint-Vincent dont il a été le curé pendant plusieurs années. Lorsque je suis arrivé dans le quartier, il suffisait que je me présente comme étant ami du P. Bobichon pour que toutes les portes s’ouvrent : portes catholiques, portes orthodoxes, portes juives, portes musulmanes ou athées. Sa proximité avait laissé des traces partout, encore bien des années après qu’il fut parti.

Dans un livre intitulé Max Bobichon, Un prêtre dans la cité (Lyon, 2017), il déclarait : « Je dis aux gens que, lorsque je ne serai plus là, j’aimerais qu’ils se rappellent que j’ai toujours essayé de créer des liens entre eux, et aussi que j’ai toujours essayé de créer une relation entre eux et Dieu (p. 60). Pour cet homme aux multiples talents (écrivain, poète, photographe), créer du lien était ce à quoi il attachait le plus de prix.

Nous fêtons, ce dimanche, la Sainte Trinité. Les trois personnes divines sont différentes, mais elles se font proches l’une de l’autre par un amour infini. Cela aussi est pour nous une provocation et un modèle.

Le monde ambiant classe en catégories, divise, écarte les gens les uns des autres et provoque la peur. Nous ne pouvons tolérer cela. A l’exemple de Max Bobichon, de Jésus, de la Sainte Trinité – excusez du peu –, créons du lien et vivons la proximité avec tous. L’Evangile y trouvera son compte, et nous également.

P. Michel Quesnel, prêtre à Saint-Bonaventure et à l’Hôtel-Dieu

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