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​Nouvel enregistrement sur l’orgue de la Basilique Saint-Bonaventure

Retrouvez le nouveau disque « Gabriel Marghieri : Paysages intérieurs – Improvisations », enregistré sur l’orgue Merklin et Kuhn de la Basilique Saint-Bonaventure par Gabriel Marghieri, organiste titulaire.

L’occasion de (re)découvrir la riche palette sonore de ce magnifique instrument récemment restauré !

Acheter le disque en ligne ici : https://www.editionshortus.com/catalogue_fiche.php?prod_id=354

Ecouter des extraits ici : https://classical.music.apple.com/us/album/1830501132

Découvrir les critiques de ce disque ici :

 

Critique 1

– Gabriel MARGHIERI : Paysages intérieurs, suites improvisées à l’orgue de la basilique Saint-Bonaventure de Lyon. 

Hortus (linktr.ee/editionshortus), Hortus 262.

 

Avant d’écouter ces vingt-neuf improvisations, sans aucun doute faut-il lire la présentation de Gabriel Marghieri qui donne quelques clefs utiles sur son travail et sa conception de l’improvisation, laquelle, au contraire de la composition, doit rester spontanée, libre et sans préparation définie : « au moment d’improviser j’ignore absolument ce qui va se passer et ne tiens pas à le savoir, comptant, dans le meilleur des cas, sur l’impact des premières notes pour que se déroule le reste ». Il n’empêche que cet exercice exige à la fois de l’inné (créativité immédiate et flamboyante, oreille interne de haute définition, capacités d’assimilation nettement supérieures à la moyenne) et de l’acquis (connaissance complète de tous les paramètres de la musique, approche de tous les styles, technique instrumentale d’un niveau virtuose). S’ajoute à ces notions déjà difficiles à réunir un sens subtil de la poésie et la maîtrise d’un langage personnel.

On mesurera les degrés de cette élévation dans les extraits des sept suites ici proposées qui, au-delà des mérites purement musicaux, se proposent de faire entendre les timbres de l’orgue de Saint-Bonaventure de Lyon (IIIP/67), un des plus beaux instruments de la ville, notamment depuis sa récente restauration par l’entreprise de Michel Jurine.

D’une durée assez brève (à peine plus d’une minute à moins de cinq), ces courtes évocations portent des titres qui, comme le soutient l’improvisateur, restent des propositions ou des suggestions au demeurant sensibles et pertinentes – sans ces informations, l’auditeur ne réagirait probablement pas de la même façon. À un autre chapitre, tout en conservant une forme d’unité, ces moments se distinguent par leur technique d’écriture qui va d’un atonalisme libre dans la Suite 1 (cependant moins difficile sans doute à appréhender que celui de la plupart des œuvres écrites) à un langage «chromatico-modal d’esthétique symphonico-impressionniste», selon les propres termes de l’auteur, à travers les suites 2 et 7. D’une manière générale, il semble, en effet, que ces séries se distinguent les unes des autres, assurément par leur écriture mais aussi les impressions plus subjectives qu’elles laissent : conception contemporaine hors de toute catégorie (1 et 3), église (2), références historicisantes avec tierce en taille et fugato sur les anches (4), images et récits (5), description (6) et modalité affirmée (7).

En dehors de Promenade ? qui exploite résolument le mode de la et tiendrait presque de l’« improvisation liturgique » des années 1950 ou 1960 et les allusions fréquentes au style grégorien, ces improvisations relèvent d’une totale liberté, refusent les intellectualismes plus ou moins dogmatiques du post-sérialisme pour une modalité moderne fondée sur des échelles au demeurant changeantes. D’où l’attractivité qu’elles exercent et le raffinement constant du message : la Lutte de la Suite 1 se montre plus proche d’une toccata ouverte que d’une bataille rangée, le Combat de la sixième se déroule plutôt à fleuret moucheté, l’Iblis de la cinquième ne présente rien de foncièrement diabolique et bien des séquences sélectionnent les couleurs les plus délicates du Merklin pour nous porter au rêve ou à la méditation. Bien que très présents, les oiseaux ne font nullement songer à Messiaen et se caractérisent par une forme de naturalisme vivant donc peu conceptualisé ; de la même façon, la fileuse initiale sur les flûtes (Volubile) ne rappelle nullement Cochereau. Mais un autre mérite contribue à la réussite de ce disque : les affinités de cette musique avec l’orgue de Saint-Bonaventure, rencontre qui contribue enfin à magnifier l’union du timbre et du discours. 

Ce disque d'un des premiers improvisateurs de notre temps (Grand prix international de Chartres, titulaire du Sacré-Cœur de Montmartre, professeur au cnsm de Lyon, etc.) est à ne pas manquer !

 

François Sabatier, L'Orgue, avril 2026

 

 

 

Critique 2

"Paysages intérieurs", parus aux Editions Hortus, offre des extraits de sept suites improvisées à l'orgue, comme autant de chambres secrètes  ouvertes sur un monde intérieur, façonnées sur le grand orgue Merklin-Kuhn/Michel Jurine de la basilique Saint-Bonaventure à Lyon dont Gabriel Marghieri sculpte les timbres  avec une sensualité picturale. Chaque suite devient un territoire émotionnel, tantôt murmure suspendu, tantôt élan incandescent, où l'improvisation, jamais abandonnée au hasard, se déploie en architectures souples, en respirations profondes, en couleurs ciselées qui révèlent une écoute absolue de l'espace.

Héritier des grandes écoles françaises d'improvisation, Gabriel Marghieri affirme ici une voix singulière, à la fois rigoureuse, visionnaire et habitée, capable de transformer l'instant en matière poétique. Il signe avec cet album un véritable journal sonore, où l'orgue devient un miroir de lumière, de doute, de souffle et de plénitude ; un voyage intérieur dont on ressort ému.

 

Jean-Jacques Millo, Opus Haute Définition, mars 2026


Enregistrement récompensé d'un Opus d'or "incontournable"

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