" Plus de messes dans toutes les églises "

Alors que depuis dimanche dernier nous ne pouvons plus participer à la messe à Saint-Bonaventure ou à la chapelle de l’Hôtel-Dieu comme dans toutes les églises du diocèse, le père Franck Gacogne curé de la paroisse Saint-Gabriel de Vaise propose une réflexion sur la prière et le jeûne eucharistique

« Entends la voix de ma prière quand je crie vers toi » (Ps 27, 2)

De tout temps, les croyants se sont adressés à Dieu dans la détresse. Et Jésus lui-même implore son Père : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! » (Mt 26, 39) et « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi

m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46) Pourtant, dans le récit de la Passion, nulle indication que Dieu l’ait abandonné, en revanche tout indique que ses disciples, eux, l’ont bien abandonné.

Ce cri vers Dieu est donc légitime et pour beaucoup nécessaire. Mais pour quoi ? En deux mots : en vue de quoi crier vers Dieu ? Ainsi le livre de François Varone dans « Ce Dieu absent qui fait problème » nous invite à être attentifs aux « avatars » de la prière afin de sortir d’une religion de la peur où l’on prie pour que Dieu ré-agisse, dans le but d’entrer dans la foi où l’on prie parce que Dieu agit.

Dans la religion de la peur, on prie pour que Dieu se manifeste, se rende utile, nous fasse réchapper au danger, on attend de lui une protection...

Dans la foi, la motivation de la prière du croyant n’est pas la peur, le devoir ou l’intérêt, mais le désir d’exister avec Lui parce qu’il nous a donné sa vie, de le fréquenter peut-être plus encore dans des périodes troublées.

Prier, c’est prendre le temps d’approfondir une relation parce qu’Il me fait exister : « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple. » (Ps 26, 4).

Prier, c’est rendre grâce parce qu’en Jésus, il n’a esquivé aucune de nos épreuves. Peut-être bien que l’on se trompe sur ce que Dieu est capable de faire. Au jardin des oliviers, sur la croix, Jésus connaît une souffrance redoutable, celle du silence de Dieu. Jésus a-t-il été exaucé ? Il est bien est passé par la croix, n’est-ce pas ?... Le véritable exaucement de sa prière n’est-il pas différé dans sa résurrection, bien au-delà, et peut être bien plus que tout ce qu’il n’osait demander ou même percevoir clairement à ce moment ?

S’il y en a un dont je suis bien certain qu’il ne m’abandonne pas, c’est Jésus ! Prier, c’est le reconnaître non pas comme le magicien espéré en surplomb de ma vie, mais au coude à coude dans l’abîme avec moi. Il ne

nous sauve que de près !

Des personnes me demandent si je célèbre la messe seul pour eux. Ma réponse est non ! Je peux très bien prier pour tous hors de la messe.

L’eucharistie n’a pour moi de sens que parce qu’elle rassemble et constitue le « Peuple de Dieu ». Comment recevoir le « Corps du Christ » et le devenir sans la présence et la participation d’aucun autre membre de ce

Corps ?

Je ne conçois pas l’eucharistie comme une dévotion privée dont je m’octroierais le privilège de m’en auto-bénéficier. Pourquoi serais-je dispensé de vivre un jeûne eucharistique comme tous mes paroissiens ? 

Père Franck Gacogne

Sanctuaire Saint-Bonaventure - 7 place des Cordeliers - 69002 Lyon

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