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Homélie du dimanche 25 juin

Jérémie 20, 10-13 – Psaume 68 (69) – Romains 5, 12-15 – Matthieu 10, 26-33

Homélie du P. Michel Quesnel

Deux nouveaux prêtres sont ordonnés ce dimanche dans le diocèse de Lyon. Les responsables de l’Eglise catholique et les fidèles sont alors particulièrement concernés par les paroles que Jésus prononce dans le discours d’envoi en mission des Douze. Elles font suite à celles que nous avons entendues le weekend dernier, bien que quelques versets intermédiaires aient été sautés. Dans les versets qui n’ont pas été retenus, Jésus avait averti les Douze des dangers qu’ils couraient : « Voici que moi, je vous envoie, comme des brebis au milieu des loups » (Mt 10, 16). L’hostilité de certains auditeurs est donc réelle.

Tout n’est cependant pas à craindre car, d’une certaine façon, les témoins de l’Evangile sont doublement protégés. Une première protection vient du fait que Dieu veille sur nous. Dieu est informé de tout ce qui se passe dans le monde. Un moineau tombe à terre, le Seigneur le sait. Il connaît le nombre de cheveux que nous avons sur la tête. Avec un peu d’humour, je dirais que c’est plus facile à connaître sur certaines têtes que sur d’autres ! Mais peu importe le nombre ! Ce qui est certain, c’est que nous ne sommes pas seuls, Dieu veille sur nous. A nous d’avoir une intimité avec lui qui nous permette de prendre conscience de cette protection.

Le prophète Jérémie, à qui se sont opposés de nombreux adversaires, avait pleinement conscience qu’il n’était pas seul devant l’adversité. Nous avons pu l’entendre : « Le Seigneur est avec moi tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. »

Une seconde protection vient du fait que nos adversaires n’ont pas sur nous tous les pouvoirs. Ils peuvent tuer notre corps, ils ne peuvent pas tuer notre âme. Notre corps terrestre, de toute façon, nous devrons bien le laisser un jour. Si nous sommes mis à mort pas des adversaires violents, cela ne fera jamais qu’anticiper notre mort. Du fait que nous sommes pécheurs, « la mort est passée en tous les hommes », écrit Paul dans l’épître aux Romains. Ce n’est guère réjouissant, mais pas aussi dramatique qu’on pourrait le penser.

En revanche, il y a un autre danger bien plus sérieux que les précédents, celui que Jésus évoque lorsqu’il dit : « Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Cet autre danger, c’est notre lâcheté. Notre relation au Christ est un des plus grands biens que nous possédons. Si nous ne la valorisons pas, si nous faisons devant nos adversaires comme si elle n’existait pas, nous perdons quelque chose de ce qui nous est essentiel.


Une question demeure cependant. Quelles sont les circonstances dans lesquelles, tels les Douze envoyés en mission, nous avons à témoigner explicitement de notre foi ? Nous n’allons pas passer notre temps à le faire. Certains chrétiens arrêtent les passants dans la rue pour leur parler du Christ. C’est parfaitement respectable, mais ce n’est pas la vocation de tous.

Dans la vie publique, nous sommes obligés par les lois de la République à une certaine neutralité. Récemment encore, les responsables d’une école où sont scolarisé de nombreux enfants musulmans se sont fait rappeler à l’ordre par le ministère de l’Education nationale, parce qu’ils organisaient des prières au début des classes.

Dans le milieu professionnel, il est normal que nous soyons repérés comme étant chrétiens, grâce à une bienveillance et une joie qui questionnent nos collègues, mais ce n’est en général pas le lieu de l’évangélisation explicite.

En famille, c’est également compliqué. Les membres de notre famille connaissent en général nos positions par rapport à la foi, mais il ne nous revient pas forcément de les brandir comme un étendard. Chacun sait que la religion et la politique sont souvent des sujets à éviter en famille si l’on veut éviter les disputes.

Finalement, témoigner de notre foi n’est pas simple. Ce qui nous autorise à ne pas le faire, c’est la délicatesse en faveur des autres, mais pas le manque de courage. Etre chrétien demande du courage. N’ayons pas peur de faire appel à l’Esprit Saint pour qu’il nous donne cette force, et qu’il nous aide à discerner les circonstances dans lesquelles nous avons à exprimer explicitement notre foi en Jésus Christ.

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