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Homélie du 6 avril - Jeudi Saint



Exode 12, 1… 14 – Psaume 115 (116B) – 1 Corinthiens 1, 23-26 – Jean 13, 1-15


« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur… », déclare l’apôtre Paul aux Corinthiens. Il affirme cela, parce que les fidèles de Corinthe célébraient le Repas du Seigneur de façon catastrophique. Au lieu d’en faire une réunion fraternelle, les plus riches arrivaient en premier, ils consommaient toutes les provisions du repas qui précédait la bénédiction du pain et de la coupe. Et lorsque les plus pauvres arrivaient, il n’y avait plus rien à manger pour eux. Alors que les gestes accomplis rappelaient que Jésus avait donné sa vie pour tous, certains transformaient ledit Repas en beuverie et en lieu de mépris pour les plus démunis. Curieuse façon d’honorer ce qu’ils célébraient !

Finalement, les trois lectures retenues pour le Jeudi Saint ont un rapport avec la mort. Paul rappelle que Jésus a institué l’eucharistie « la nuit où il était livré ». Le livre de l’Exode rappelle que le repas de la Pâq


ue juive doit être consommé « en toute hâte », ceinture aux reins, sandales aux pieds et bâton à la main, car les Hébreux doivent quitter l’Egypte rapidement au moment où Dieu fait mourir les premiers nés des Egyptiens.

Et, dans le geste qu’accomplit Jésus dans l’évangile de Jean, il meurt à sa condition de Maître et Seigneur, pour prendre la condition de serviteur. Il indique à ses disciples qu’ils doivent se laver les pieds les uns aux aut


res, chacun devenant ainsi serviteur de son voisin. Nous devons abandonner notre dignité d’homme et de femme libres, pour donner une large part de notre vie au service de nos frères et de nos sœurs.

Bien sûr, lorsque nous recevons la communion eucharistique, nous recevons joyeusement une nourriture pour notre vie spirituelle. Mais la joie que nous éprouvons n’est pas celle d’un repas festif ordinaire. Elle est la joie qui émane du don de soi, comme Paul le rappelle dans les Actes des Apôtres, en citant une parole de Jésus : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35).

S’il est fidèle au Christ, un c


hrétien ne va pas de la joie à la joie par les chemins les plus courts. La joie ultime qu’il espère passe par l’acceptation de la mort : mort à son confort, mort à la jouissance, mort au plaisir immédiat. Toute notre vie doit être marquée par le mystère pascal.

Homélie du P. Michel Quesnel


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