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Homélie du dimanche 28 avril

Dimanche 28 avril 2024 – 5ème Dimanche de Pâques

Actes 9, 26-31 / Psaume 21 (22) / 1 Jean 3, 18-24 / Jean 15, 1-8

Homélie du P. Michel Quesnel

Juste avant de prononcer les paroles que nous venons d’entendre, Jésus avait dit à ses disciples rassemblés pour le repas du Jeudi saint : « Levez-vous, partons d’ici. » L’évangéliste en rajoute et prolonge le discours. C’est sans doute parce que cette allégorie de la Vigne est d’une particulière importance. Que nous fait-il en retenir ? Plusieurs choses, car une image mérite toujours plusieurs interprétations.

Jésus Christ est la vigne, nous sommes les sarments, Dieu le Père est le vigneron. Notre relation à ces deux personnes divines est fondamentale. Il nous revient d’abord d’être attachés au cep, tous ensemble, car nous formons une seule plante. Si nous n’entretenons pas un lien fort avec le cep et avec les autres sarments, nous devenons stériles. Ainsi, notre relation à l’Ecriture et à l’Eglise vaut qu’on y consacre beaucoup d’énergie.

Quant au Père, c’est le vigneron. L’activité qu’il exerce, d’après ce qu’en dit Jésus, se passe avec le sécateur à la main. Il coupe au ras du tronc les sarments inutiles. Ils risquent d’épuiser la plante sans rien produire. Ces sarments secs ne méritent alors que d’être ramassés en tas avant d’être brûlés.

Mais le sécateur touche aussi les bons sarments. Le Père les purifie en les taillant, le terme technique en agriculture est « émonder ». Le Père en coupe les extrémités et les brindilles inutiles, afin que ces sarments soient plus vigoureux et portent de plus belles grappes.

Finalement, quelle que soit notre place, nous recevons tous un coup de sécateur, placé à plus ou moins grande distance du cep. Y compris si nous sommes de bons sarments, ces coups de sécateur sont utiles… Et cela, nous avons en général du mal à l’accepter. 

En termes plus abstraits, ces coups de sécateur s’appellent « épreuves ». Elles sont nécessaires. Tous les parents soucieux d’éducation mettent leurs enfants à l’épreuve pour les rendre plus forts face à la vie. Pourquoi notre Père du ciel n’en ferait pas autant ? C’est grâce à elles que l’on grandit et que l’on peut avoir une vie féconde.

 

Les deux premières lectures confirment cela. Dans les Actes des Apôtres, Saul doit quitter Jérusalem, car sa prédication concernant Jésus provoque la haine de certains Juifs de langue grecque, et sa vie se trouve en danger. Il doit retourner à Tarse, sa ville natale, en attendant de meilleures occasions pour prêcher l’Evangile.

 Dans la première épître de Jean, l’apôtre nous invite fortement à nous aimer les uns les autres, d’un amour totalement gratuit. Un tel amour est-il toujours paisible ? Evidemment non : aimer gratuitement comporte des déceptions, des remises en cause, des sacrifices. Nous les recevons comme des coups de sécateur qui dérangent notre tranquillité.

 

Plusieurs d’entre nous vont recevoir (ou : ont reçu hier) le sacrement des malades. La maladie, le handicap et le grand âge ne sont-ils pas des épreuves ? Nous n’avons pas à les nier ni à les traiter comme quantité négligeable. Ce sont des moments importants de notre vie, et ils peuvent contribuer à nous faire grandir.

Au cours de nos eucharisties, dans la prière prononcée par le prêtre après le Notre-Père, il y a une phrase que je trouve mal traduite : « Nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve… » C’est faux. La miséricorde de Dieu ne nous met pas à l’abri de toute épreuve. Elle nous permet de surmonter les épreuves que nous recevons, mais elle ne nous en dispense pas.

Pour en revenir à la Vigne, soyons de bons sarments. Restons solidement attaché au tronc, c’est-à-dire à Jésus. Et recevons avec persévérance les petits coups de sécateur donnés par le Père, qui nous aident à grandir et à porter de meilleurs fruits. Nos vies sont appelées à être fécondes. Les épreuves que le ciel nous envoie peuvent grandement contribuer à cette fécondité.

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