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Edito du 3 février 2023

Le sel ! Pourquoi avoir choisi ce petit mot de rien du tout, qui agit comme un condiment ? Certains chrétiens qui ne fréquentent plus beaucoup l’Eglise regrettent encore parfois que l’on ait abandonné le sel du baptême. Regret un peu futile, dans la mesure où il n’engage pas.

Le SEL de l’Evangile est beaucoup plus important qu’un rite. Car, figurez-vous, - et l’on est encore tout interloqué- le sel c’est vous, c’est moi, c’est tout disciple du Christ Jésus. Le disciple est- doit être- le sel de la terre. Rien que ça !

Horrible prétention, s’il s’agissait de se prendre pour les meilleurs, les plus savoureux dans la masse des non salés, des insipides. Mais responsabilité considérable si Jésus nous donne une telle mission et de quoi la remplir.

Oui, nous sommes responsables d’abord d’une sorte d’Alliance entre ce qui est sel et ce qui ne l’est pas. Un monde sans sel n’a point de saveur, mais un sel en dehors du monde, c’est une salière inutile. Le chrétien et le monde ont partie liée. Ils sont faits pour se mélanger. D’ailleurs le premier à en profiter est le chrétien lui-même, car il lui faut saler en lui tout ce qui n’est pas chrétien.

L’autre responsabilité, vous la connaissez bien, c’est de ne pas s’affadir. Oh ! ne croyez pas pour cela qu’il faille fuir le monde. Certes, on risque de s’y dissoudre purement et simplement. Mais le sel immobile et entassé risque aussi de se décomposer.

Alors, dites-moi, si entre humains, entre chrétiens, on essayait de maintenir le goût, la saveur… pour notre monde ? Impossible de ne compter que sur soi. Il faut pouvoir dire, comme cela arrive à table entre époux, entre parents et enfants, entre amis : Passe-moi le sel !

Oui, si jamais l’Evangile en vous s’affadit, qu’il y ait toujours un frère, une sœur à qui vous puissiez dire en toute confiance : « Passe-moi le sel ! Le sel que tu es pour moi ! »


P.ROLLIN+

Recteur St Bonaventure/chapelle Hôtel-Dieu

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