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Éditorial "Mi-Carême"


   Au fur et à mesure qu’on avance dans le Carême, l’élan généreux du mercredi des Cendres risque de s’épuiser progressivement. Où en sommes-nous, depuis plus de trois semaines, dans notre combat spirituel pour nous convertir et croire à l’évangile ?

   A mi-chemin de notre parcours, l’évangile de ce dimanche vient nous conforter dans notre démarche de conversion. Ce dimanche de « Laetare », du premier mot latin de l’antienne d’ouverture de la messe, nous appelle à nous réjouir en accueillant un des joyaux de l’enseignement de Jésus : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, non pas pour juger le monde, mais que, par lui, le monde soit sauvé. »   


  Le monde ? Mercredi dernier, notre première conférence de carême a souligné combien l’actualité ne nous porte guère à l’optimisme, le monde est en feu, notre espérance est mise à rude épreuve, et souvent nous n’avons pas de discours assez durs pour le dénoncer comme le siège du mal et de toutes les turpitudes. Or l’Evangile, ne cesse de chanter envers et contre tout : « le grand amour dont Dieu nous a aimés. »

  « Dieu a tellement aimé le monde… » qu’il a déjà tout donné, même son Fils. Dans l’Évangile d’ailleurs, cet amour-là déborde de partout, dans toutes les paraboles du Royaume : avec le père qui retrouve son fils prodigue, avec le roi qui prépare le mariage de son fils en allant chercher du monde sur toutes les routes possibles… jusqu’à la fameuse pêche, à foison, qui fait craquer les filets. Dieu a tout donné, il n’a plus rien sous le coude, plus rien sous la pédale. Tout est là, sous nos yeux.


   Alors oui, « il faut ». Il faut que ce don, cette croix, soit élevée à hauteur d’Homme pour que nous puissions la voir. Pour les chrétiens, la croix n’est pas le symbole du supplice, c’est le symbole de cet amour débordant. N’est-ce pas ce que cherchent ces adultes, qui seront baptisés à Pâques et qui ont entendu l’appel décisif : cet amour sauveur ? C’est cet amour sans limites qui tient le Fils fixé sur une croix.


   Oui, « Dieu a tellement aimé le monde… » Il faut que l’amour débordant de Dieu soit élevée devant notre regard afin que tout homme qui lui fait confiance change son regard et retrouve l’espérance. Il le faut parce qu’il y a tellement d’évènements dans nos vies qui sollicitent notre confiance en l’avenir et en Dieu, juste pour trouver ou retrouver la joie et la paix. Notre confiance, c’est la manière que Dieu a de prendre soin de nous. C’est sa manière de nous prendre la main, de nous garder debout. De nous relever. De nous ressusciter.


   Bon chemin encore vers Pâques à tous !


   P.ROLLIN+ Recteur St Bonaventure/Chapelle HDieu

 

 

 

 

 

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