top of page

Éditorial du dimanche 9 juin

Dernière mise à jour : 13 juin

La Bible ne nous donne pas de directives précises pour un choix électoral et n’a pas à prendre notre place dans une décision qui relève de notre responsabilité de citoyen. Comme le rappelle le Concile Vatican II dans la Constitution Gaudium et spes, il y a une juste autonomie des réalités terrestres, ce qui ne signifie pas, qu’elles doivent être en opposition avec le mystère de la Création, où tout ensemble ne fait qu’un et est organisé.

Comme chacun, le chrétien est appelé à prendre sa part dans la vie de la cité. La tendance à s’en désintéresser avait déjà imposé à l’auteur de la Lettre à Diognète, au IIe siècle, de rappeler que « le monde où Dieu nous a placés est si beau que nous n’avons pas à le déserter ». Il nous revient cependant de trouver des appuis dans notre intelligence et notre conscience avoir des critères de discernement et remplir au mieux notre devoir de citoyen.

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus nous rappelle que toute division est un signe diabolique de chute. Le terme diable est d’ailleurs l’antonyme du symbole, signifiant mettre ensemble. Il importe aussi de se rappeler que l’unité entre les personnes ou entre les peuples n’est jamais l’uniformité. L’unité suppose d’associer les différences entre nations, dont l’histoire, la culture, l’organisation, etc., sont propres, sans vouloir les supprimer d’un trait de plume. Faire alliance entre nations et peuples suppose de séparer pour mieux unir ; séparer n’est pas diviser, mais permettre à chaque nation, à chaque culture, de se développer pour être mise au compte de l’ensemble pour en faire la richesse.

Le texte de S. Paul (1 Co 12, 12) sur le corps et les membres est pour nous instructif, même s’il ne faut pas faire de concordisme entre société et Église. L’Europe peut être considérée comme un corps, avec des membres différents qu’il convient de prendre en compte. Selon les leçons de l’histoire du vingtième siècle, des tentations d’asservissement des peuples et des nations ont été source de graves conflits, de violences aux personnes et aux peuples, défigurant le continent européen ; au moment où nous venons de commémorer le débarquement du 6 Juin 1944, nous devons nous en souvenir pour discerner entre ce qui a uni et ce qui a divisé notre continent et percevoir ce qui peut faire de même aujourd’hui. L’absence de mémoire ne peut qu’hypothéquer l’avenir. Nous devons encore chercher à faire alliance, pour créer une harmonie où chaque nation joue sa partie dans le concert des nations.

Le chrétien a pour vocation d’avoir un sens religieux selon l’étymologie du terme, c’est-à-dire quelqu’un qui relie et qui relit. Il est un être relationnel, soucieux de la fraternité entre les personnes et les peuples pour contribuer ensemble à l’édification d’un monde où il fait bon vivre, un être qui sait aussi relire l’histoire pour y percevoir ce qui est source d’unité et source de divisions. Comment tout cela peut-il nous éclairer dans notre choix ? La réponse est de la responsabilité de chacun, apte qui, en réfléchissant peut se déterminer pour voir ce qui, dans les propositions, correspond à ce qui fait resplendir l’homme et l’humanité dans la perspective évangélique et à ce qui conduit à un véritable progrès social.


Mgr Duthel

287 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page