Éditorial du Dimanche 22 février 2026
- 18 févr.
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L’aumône, la prière et le jeûne
Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus dénonce l’hypocrisie de ses contemporains qui pratiquent la Loi pour se faire remarquer des hommes : « Quand tu fais l’aumône… » (Mt 6,2) ; « Et quand vous priez… » (Mt 6,7) ; « Et quand vous jeûnez… » (Mt 6,16). Il n’empêche que ce sont de bonnes pratiques, et qu’elles méritent d’être renforcées pendant le Carême.
Pratiquer l’aumône, c’est partager ce que nous possédons avec des personnes qui possèdent moins que nous. Ce que nous possédons, nous ne l’avons pas gagné, c’est Dieu qui nous l’a donné gratuitement. « As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? », écrit l’Apôtre Paul dans la 1ère épître aux Corinthiens (4,7). Je ne suis pas propriétaire des biens dont je jouis, financiers et autres, je n’en suis que le gérant. Alors, en faire bénéficier des gens qui ont reçu moins que moi, ce n’est que justice. Les chrétiens qui vivent à l’aise dans de beaux appartements ou de belles maisons, qui ont de bons salaires ou de bonnes rentes, n’ont pas à les garder pour eux ou leurs proches. A Lyon, il n’est pas besoin de regarder bien loin pour voir qu’à notre porte des pauvres dorment dans la rue ou sous des tentes.
Renforcer ses temps de prière est également une belle exigence de Carême. Il ne s’agit pas seulement de prier dans les transports en commun ou au volant de sa voiture. Il s’agit de prier en donnant de son temps à Dieu. Le temps dont nous disposons, lui aussi nous l’avons reçu de Dieu. Lui en rendre un peu pour vivre des moments d’intimité avec lui n’est qu’un juste retour des choses. Nous disposons de quatre-vingt-seize quarts d’heure par jour (quatre fois vingt-quatre). Si je prie un quart d’heure, je ne donne à Dieu qu’environ le centième de mon temps. C’est le minimum ! En Carême, il convient de lui donner bien davantage.
Quant au jeûne, c’est une belle façon de se centrer sur l’essentiel. Dans un monde trop préoccupé de futilités, de bien-être et de confort, les gens obèses sont de plus en plus nombreux. Là encore, il n’est pas besoin de regarder bien loin pour s’en rendre compte.
Chacun pourra prendre des résolutions personnelles de Carême, pour faire de ces quarante jours un temps fort. Mais la pratique renforcée de l’aumône, de la prière et du jeûne est à mettre au programme de tous.
Michel Quesnel, prêtre auxiliaire




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