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Édito du Dimanche 7 Juillet

L'été, les vacances...


 En ces heures qui font froid dans le dos, l’approche des douceurs estivales fait naître de réconfortantes perspectives. A parcourir les unes des journaux, après les élections, l’actualité, à n’en pas douter, ce sont les vacances. On nous propose des livres pour ne pas bronzer idiot, des jeux video pour ne pas s’ennuyer, on vante les mérites des beautés de l’hexagone ou l’on suggère plutôt l’évasion lointaine en terre inconnue. Autant de suggestions pour faire en sorte que les vacances soient aussi remplies et organisées que les existences laborieuses dont on prend momentanément congé.  


   On ne saurait toutefois oublier que tout le monde ne part pas en vacances et pour ceux qui restent, cette période peut même être plus difficile qu’à l’ordinaire. La solitude s’accroit pour les personnes isolées quand se dispersent, pour un temps, leurs relations de proximité. Les liens de solidarité se distendent, laissant les plus démunis bien seul.  Scandaleuse et contradictoire façon de décliner l’étymologie du mot vacances. On « fait le vide » en enlevant à ceux qui n’ont déjà rien le peu qui leur reste, quand d’autres remplissent leurs vacances jusqu’à ras bord par crainte du vide. 


   L’idéologie dominante veut en effet qu’une vie réussie soit une vie bien remplie. Remplie de travail à accomplir, de biens à consommer, d’informations à digérer, d’activités à gérer, de loisirs à organiser. Du coup, même pendant les vacances, il faut encore « faire ». Comme on le dit familièrement : cet été on a « fait » de la voile, de la randonnée, de la pétanque, on a « fait » la Toscane ou les gorges du Verdon. Ce trop-plein de « faire » risque de ne laisser plus de place, plus d’espace, plus de temps pour désirer autre chose et accueillir ce qui vient.     


   « Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville », commande l’Exode à propos du shabbat (20, 10). Ne faudrait-il pas retrouver, pour aujourd’hui, la signification profonde et subversive du repos sabbatique ? Cette entaille dans le temps qui interroge l’activisme et le consumérisme ambiant. Ce manque fécond où peut s’inscrire une quête de sens et de spiritualité. Une « vacance » qui n’est pas vacuité, mais qui oriente vers un ailleurs, vers les autres, vers le Tout Autre. 


    C’est dans cette perspective que Jésus invite à se déprendre des œuvres, des performances, des richesses par lesquelles l’humain prétend se faire lui-même. A plusieurs reprises, il appelle ses disciples à se mettre en retrait, à se reposer et lui-même se retire pour prier. Sous cet éclairage, on mesure que les vacances, quelles que soient les formes qu’elles prennent ne sont pas un temps vide, à condition qu’elles soient l’occasion de revenir à l’essentiel.  


    Profitons donc du temps des vacances pour retrouver la gratuité qui échappe à l’agitation, à l’urgence, aux contraintes, la gratuité qui apaise tensions et inquiétudes, qui repose et nourrit la foi. Elle rend plus disponible aux autres et à Dieu. Et à coup sûr elle nous donnera des forces pour repartir d’un bon pied à la rentrée. 

 

P.ROLLIN+  

Recteur St Bonaventure/chapelle HDieu 

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