Journée mondiale des pauvres

13 novembre 2022

Journée nationale du Secours catholique Caritas France

20 novembre 2022 

​Extrait de la lettre du pape François
«La pauvreté du Christ nous enrichit»

 

Dans son message pour la 6e Journée mondiale des pauvres, le pape François revient sur la pauvreté engendrée par la guerre entre l’Ukraine et la Russie, critique les comportements « d’assistance » envers les pauvres et distingue la pauvreté qui tue de celle qui libère, enracinée dans l’amour du Christ

«Jésus-Christ [...] s’est fait pauvre à cause de vous » (cf. 2 Co 8, 9). C’est par ces paroles que l’Apôtre Paul s’adresse aux premiers chrétiens de Corinthe pour donner un fondement à leur engagement de solidarité envers leurs frères dans le besoin. La Journée mondiale des pauvres revient, cette année encore, comme une saine provocation pour nous aider à réfléchir sur notre style de vie et sur les nombreuses pauvretés actuelles. […] La 6e Journée mondiale des pauvres se place dans ce contexte si contradictoire, avec l’invitation – reprise de l’Apôtre Paul – à garder le regard fixé sur Jésus qui, « de riche, s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Lors de sa visite à Jérusalem, Paul avait rencontré Pierre, Jacques et Jean qui lui avaient demandé de ne pas oublier les pauvres. La communauté de Jérusalem, en effet, se trouvait dans de graves difficultés à cause de la famine qui avait frappé le pays. Et l’Apôtre s’était immédiatement occupé d’organiser une grande collecte en faveur de ces pauvres. Les chrétiens de Corinthe se montrèrent très sensibles et disponibles. Sur les indications de Paul, chaque premier jour de la semaine, ils rassemblaient ce qu’ils avaient pu économiser et tous étaient très généreux. […]

La solidarité, en effet, c’est précisément ceci : partager le peu que nous avons avec ceux qui n’ont rien, afin que personne ne souffre. Plus grandit le sens de la communauté et de la communion comme style de vie, et plus la solidarité se développe. […] Face aux pauvres, on ne fait pas de rhétorique, mais on se retrousse les manches et on met la foi en pratique par une implication directe qui ne peut être déléguée à personne. Parfois, une forme de relâchement peut prendre le dessus, conduisant à des comportements incohérents, comme l’indifférence envers les pauvres. […] Ce n’est pas l’activisme qui sauve, mais l’attention sincère et généreuse permettant de s’approcher d’un pauvre comme d’un frère qui tend la main, me faisant sortir de la torpeur dans laquelle je suis tombé. Par conséquent, « personne ne devrait dire qu’il reste loin des pauvres parce que ses choix de vie lui font porter davantage d’attention à d’autres tâches. Ceci est une excuse fréquente dans les milieux académiques, d’entreprise ou professionnels, et même ecclésiaux. […] Personne ne peut se sentir exempté de la préoccupation pour les pauvres et pour la justice sociale » (exhortation apostolique Evangelii gaudium, n° 201).

Il est urgent de trouver de nouvelles voies qui puissent dépasser l’idée de ces politiques sociales « conçues comme une politique vers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais des pauvres, et encore moins insérée dans un projet réunissant les peuples » (encyclique Fratelli tutti, n° 169). Il faut plutôt tendre à adopter l’attitude de l’Apôtre qui pouvait écrire aux Corinthiens : « Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité » […]

Si nous voulons que la vie l’emporte sur la mort et que la dignité soit délivrée de l’injustice, le chemin c’est le sien: il consiste à suivre la pauvreté de Jésus Christ, partageant la vie par amour, rompant le pain de son existence avec les frères et sœurs, en commençant par les derniers, ceux qui manquent du nécessaire, pour que l’égalité soit faite, pour que les pauvres soient délivrés de la misère et les riches de la vanité, toutes deux sans espérance. […] Que cette 6e Journée mondiale des pauvres devienne une occasion de grâce pour faire un examen de conscience personnel et communautaire et nous demander si la pauvreté de Jésus Christ est notre fidèle compagne de vie.

Source : PrionsenÉglise 

Le mot du père Hervé Perrot, aumônier général du Secours catholique
«Osons partager la Parole et lutter contre la misère ! »

 

Chers amis, c’est une grâce que les dimanches de la Journée mondiale des pauvres et celui du Secours catholique - Caritas France se suivent. Cela permet de la créativité sur une semaine pour oser rejoindre nos amis en galère. Osons préparer avec eux des temps de rencontre ! Osons partager la Parole avec la richesse de ce qui est caché aux sages et aux instruits soit révélé aux tout-petits (Lc 10, 21)! Osons lutter contre la misère par la justice (Is 1, 17) ! Vous le savez comme moi : l’enjeu vital de notre société, et encore plus de notre Église, est de permettre « aux Bartimées » (Lc 10, 46), « aux samaritaines » (Jn 4, 4) d’aujourd’hui d’être écoutées et entendues dans leur parole et leur pensée, d’avoir toute leur place, de leur permettre de participer à la vie de nos communautés. Le faire, c’est entrer et continuer la mission de Jésus (Lc 4, 17-21), faire l’expérience de la joie de l’Esprit dans la volonté bienveillante du Père (Lc 10, 21-23). Pour cela, nous avons un maître en pauvreté. Écoutons le pape François en cette 6e Journée mondiale des pauvres: « La pauvreté du Christ nous enrichit. [...] Le chemin, c’est le sien : il consiste à suivre la pauvreté de Jésus Christ, partageant la vie par amour, rompant le pain de son existence avec les frères et sœurs, en commençant par les derniers, ceux qui manquent du nécessaire, pour que l’égalité soit faite, pour que les pauvres soient délivrés de la misère et les riches de la vanité, toutes deux sans espérance. » Écoutons Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, lors de son discours de clôture de l’assemblée plénière des évêques à Lourdes, en novembre 2021 : « La vérité de l’Église, l’Église de Jésus, nous avons à la chercher dans une écoute renouvelée des pauvres et des petits, de celles et ceux qui sont les victimes ou les laissés-pourcompte de notre vie collective. » Sur le chemin synodal de notre Église, osons marcher et vivre tous ensemble au pas des plus pauvres! C’est la belle mission qui nous est confiée, une Bonne Nouvelle à recevoir, une joie à accueillir.

Source : PrionsenÉglise