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"Mon Père, mon Père je m'abandonne à toi, fais de moi ce qu'il te plaira, quoique tu fasses, je te remercie,je suis prête à tout ,j'accepte tout,car tu es mon Père...je me confie en toi" Priez pour moi: Dominique

Dans ma rue, certains habitants ont mis un mot sur leur grille pour remercier ceux qui vident leurs poubelles le matin. Le confinement a ouvert nos yeux sur cette foule d’hommes et de feues de bonne volonté qui font un travail invisible et tellement essentiel. Nous avons appris à leur dire merci. Merci les soignants, les professeurs, les livreurs, les commerçants, les caissières, les postiers, les éboueurs …

A notre tour nous vous disons merci, pour l’attention fraternelle que vous portez pour les personnes les plus isolées ou fragiles qui fréquentent d’habitude St Bonaventure. Nous savons que vous êtes nombreux à veiller sur les uns et les autres.

Alors depuis le début du confinement, chaque soir à 20h les cloches de St Bonaventure sonnent pour se joindre aux applaudissements des voisins et dire Merci!!! Merci à vous aussi ! Merci au Seigneur pour tous ces gestes de solidarité !

Prière du père Sébastien Antoni

Jésus, que pour toi chacun s’écrie : “Mon Seigneur et mon Dieu!”

Dans ton corps voici les marques,
La blessure de la lance : Dans nos mains voici la Pâque, Et la coupe de l’alliance.

Tu franchis les portes closes Sans forcer le cœur de l’homme,
Tu rejoins celui qui doute, Tu chemines sur sa route.

Sur nos vies ta joie rayonne, Tout renaît en ton offrande,
Et ta paix tu nous la donnes, Comme un feu qu’il faut répandre.

Jésus, que pour toi chacun s’écrie : “Mon Seigneur et mon Dieu!”

Mais pourquoi avoir tant peur ? bien sûr il y a des inquiétudes de santé, de travail, d’économie, d’organisation et tout ce que je n’imagine et ne connais pas. Peut-être que le monde d’avant ne sera plus. Mais est-ce uniquement un mal ? était-il si merveilleux que cela pour s’y accrocher à tout prix ? était-ce si bien d’acheter très loin des objets que nous sommes capables de fabriquer dans notre pays ? était-ce si bien de payer une misère des ouvriers étrangers pour pouvoir disposer de produits moins chers pendant que nos ouvriers sont au chômage ? était-ce si bien d’aller chercher des légumes en Pologne ou en Russie alors que nous avons les mêmes dans la vallée du Rhône ou en Ardèche ? et que des agriculteurs se suicident ? était-ce si bien de toujours raisonner en termes de productivité et de rentabilité ?était-ce si bien de penser que avoir était un verbe si important?

était-ce si bien de rester chacun dans notre tour d’ivoire sans regarder notre voisin qui étouffe de solitude et est obligé de téléphoner à Chrétiens Ecoute pour parler à quelqu’un ? était-ce si bien de passer devant les restos du coeur et de se faire une bonne conscience en donnant quelques conserves ?

A mon avis notre monde n’est pas si beau qu’il faille n’y vouloir rien changer et c’est triste qu’il faille un coronavirus pour s’en rendre compte  Mais s’il permet aux dirigeants ,aux responsables d’entreprises, d’associations, de communautés, à tous les hommes et donc à nous de prendre conscience que c’est l’homme qui est au coeur du monde et que c’est à lui qu’il faut penser d’abord

alors cette épreuve n’aura pas été vaine, et , comme la vigne qui repousse plus belle quand elle a été taillée nous nous redresserons plus forts et plus généreux

Bien amicalement à tous

Josiane Pradines-Grillet     

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Le dessin de Giulia qui se prépare à célébrer sa 1° communion. Un dessin en écho à la lecture de l’Evangile selon St Luc 23, 33-34
Avec son coeur d’enfant elle nous invite à contempler dans le silence de ce samedi saint de quel amour nous sommes aimés !

Conseils à un chrétien confiné
Quand tes yeux ouvriras, RCF écoutera.
L'Évangile méditeras, cela te réveillera (ou pas)
Lorsque ta douche prendras, point de gouttelettes ne laisseras,
Tes mains souvent laveras, la solution h. al. ne boiras.pas

La peste de Camus reliras et la musique écouteras, ce qui tes mœurs adoucira.
Tes amis appelleras. et même ceux que tu n'aimes pas.

Ainsi 20h arrivera. Les cloches sonneront. et tu applaudiras ceux qui te permettent d'être encore là.
Encore assez de temps te restera pour remercier. Celui qui la haut veille sur toi. Bonne semaine sainte. Anne-Marie Ferry

J'ai lu, avec intérêt, le dernier bulletin de Saint-Bonaventure avec tout la richesse des propositions pour vivre la Semaine Sainte, tout en étant confiné. Heureusement, les murs n'arrêtent pas la prière.

Ce matin, nous avons célébré les Rameaux et prévu une petite réserve de branchages bénis à l'intention des fidèles qui nous en demanderont lorsque le confinement sera levé.

Je te souhaite une belle Semaine Sainte et te joins une lettre d'Elisabeth Catez, écrite juste avant son entrée au Carmel. Elle y explique comment elle assume la privation de la communion sacramentelle.

Bien fraternellement.

Frère François, carme Gerland

Lettre 62 d’Elisabeth de la Trinité au chanoine Angles

14 juin 1901

Bien cher Monsieur,

Votre bonne lettre m'a rendue bien heureuse et m'a fait du bien, je ne puis vous dire combien de fois je l'ai lue, merci. Vous savez que le bon Dieu m'a donné un coeur reconnaissant, et tout ce que vous faites pour votre petite Élisabeth n'est pas perdu!

Depuis dix jours je suis prise par la patte: j'ai un peu d'épanchement de synovie à un genou. Figurez-vous que je suis contente, je pense que c'est une attention de mon Bien-Aimé qui veutfaire partager à sa petite fiancée la douleur de ses genoux divins sur le chemin du Calvaire!

Jesuis privée de l'église, privée de la sainte Communion, mais, voyez-vous, le bon Dieu n'a pas besoin du Sacrement pour venir à moi,  il me semble que je l'ai tout autant; c'est si bon, cette présence de Dieu! C'est là, tout au fond, dans le Ciel de mon âme, que j'aime le trouver puisqu'Il ne me quitte jamais. «Dieu en moi, moi en Lui », oh! c'est ma vie!... C'est si bon, n'est-ce-pas, de penser que, sauf la vision, nous le possédons déjà comme les bienheureux le possèdent là-haut; que nous pouvons ne jamais le quitter, ne jamais nous laisser distraire de Lui! Oh! priez-le bien pour que je me laisse toute prendre, toute emporter!...

Vous ai-je jamais dit mon nom au Carmel: «Marie-Élisabeth de la Trinité». Il me semble que ce nom indique une vocation particulière, n'est-ce pas qu'il est beau? J'aime tant ce mystère de la Sainte Trinité, c'est un abîme dans lequel je me perds!...

Plus qu'un mois, cher Monsieur! Ces derniers moments sont une agonie, pauvre maman, ah! priez pour elle! J'abandonne tout au bon Dieu. «Pense à moi, je penserai à toi», disait-Il à sainte Catherine de Sienne . C'est si bon l'abandon, surtout quand on connaît Celui auquel on se livre! Adieu, cher Monsieur, je vous envoie ma photographie ; pendant qu'on la faisait je pensais à Lui, c'est donc Lui qu'elle vous portera. En la regardant priez-le pour moi, j'en ai

besoin, je vous assure.

Élisabeth

Chers amis,

J’adresse une salutation affectueuse à chacun d’entre vous et notamment aux personnes les plus isolées et malades. J’adresse une salutation également à celles et ceux qui vivent de multiples difficultés en lien avec le confinement. Ces temps sont inhabituels et font vivre des complications à tous, qui vont grandissantes avec les jours qui passent.

La vie de la communauté de Sant’Egidio, incluant la prière et la proximité avec les pauvres, continue et s’adapte constamment pour ne laisser personne seul. A Lyon, nous maintenons un lien téléphonique régulier avec tout un groupe de sans-abri, réfugiés, personnes en situation précaire ou malades psychiques, plusieurs amis âgés et nous soutenons les familles de l’école de la paix en donnant des cours aux enfants. Le service auprès des sans-abri a pris également une nouvelle forme par l’organisation d’une collecte et sa distribution. Je tiens à remercier toutes les personnes qui se sont manifestées ces derniers jours pour apporter leur aide, de multiples façons. Vous le faîtes avec enthousiasme, ténacité, respectant les gestes barrières et sans se laisser aller à la peur.

Ces actions montrent que chacun personnellement ou en groupe, a les moyens de beaucoup aider, avec des gestes simples, pour ne laisser personne seul avec ses difficultés ! Nous pouvons le faire dans notre immeuble, notre quartier ou au travail. Cette solidarité doit encore se développer. La Communauté de Sant'Egidio a mis à disposition depuis quelques jours le numéro d'appel 0970 403 320 (appel non surtaxé) pour recevoir de l’aide comme des offres de soutien : n’hésitez pas à le communiquer autour de vous.

Chers amis, nous entrons ce dimanche dans la semaine sainte. Je suis heureuse de vous informer du programme de la Semaine Sainte que la Communauté de Sant'Egidio vit en liaison vidéo mondiale avec l'église de Sant'Egidio à Rome, en langue française (détails ci-dessous).

Restons proches les uns les autres et unis dans la prière.

Belle semaine sainte à chacun de vous,

Anne Daviet

 www.santegidio.org ou page Facebook 

Parole d’un étudiant en médecine, Etienne Chenet qui participe aux rencontres des étudiants et jeunes pros à St Bonaventure et à la messe des étudiants chapelle Hôtel-Dieu

Un beau témoignage de foi pour nous aider à entrer dans la semaine sainte !

 

Nous vivons en effet une période bien troublée. J'étais en stage à Pierre Garraud en service de gériatrie avant que l'épidémie se déclare pleinement en France. Ensuite la faculté a décidé de nous retirer des stages pour nous préserver un maximum étant donné que nous n'étions pas essentiels au déroulement du service. Puis devant la sollicitation importante des services par le nombre croissant de malades nous avons été rappelés. J'ai donc passé la semaine dernière à l'hôpital. Je n'étais pas directement confronté aux malades atteints mais j'ai pu mieux comprendre la gravité de la situation, à quel point cette épidémie vient ajouter de la tristesse et de la colère à ce monde déjà lourdement marqué. Mais dans cette nuit j'ai pu y voir une lumière certaine. Le don sans compter des soignants, qui s'oublient et qui se décentrent pour aider leur prochain. Chacun donne le meilleur de soi-même et chacun révèle un visage, des actions qui poursuivent les "gestes rédempteurs" du Christ pour reprendre les mots de Don Giussani. L'homme reste cette être capable d'aimer, certes avec ses limites, sans relâche même au cœur de la nuit. Face à ce virus, nous regardons à nouveau tous dans la même direction et acceptons de nous mettre au rythme des plus affaiblis. Moi qui pouvais me demander si l’usage de l’expression « vocation médicale » était encore d’actualité, ce qui se passe aujourd'hui ravive mon Espérance tant le don de chaque soignant semble répondre à un appel venant du plus profond d’eux-mêmes !

Je trouve aussi que durant cette période la question du sens de la vie se repose fortement à nous. A quoi bon la vie si elle peut être balayée par une épidémie ? Cela est une invitation à nous recentrer sur l’essentiel, la seule chose qui comble pleinement l’Homme : l’amour de son prochain en avançant, à notre mesure, dans les pas tracés par le Christ.  La lumière de la foi est un rocher sûr et une lumière qui brille dans cette nuit. Plus que jamais nous sommes mis face à la société que nous avons construite, notre Tour de Babel contemporaine... Magnifique invitation à la conversion en ce temps de Carême pour gagner en intimité avec le Seigneur.

Alors comme vous dites, mon Père, continuons résolument notre montée vers Pâques, persuadé que le Christ sera vainqueur !

Merci pour vos prières qui nous rappellent fortement la beauté d’une Eglise qui communie ensemble aux joies et aux peines. Prions pour les malades et leurs familles.

« Mais j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.

 Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »

 

                                                                                                     Un étudiant en 4e année de médecine à Lyon

                                        Lionel Badet : diacre permanent et médecin à HEH

                                Chers Paroissiens d’Irigny et de Saint-Genis, amis de St Bonaventure, mais aussi des                                      paroisses voisines et amies, Je voulais au travers de ces quelques mots vous donner des                          nouvelles de l’hôpital et de la situation sanitaire que nous vivons à Lyon. 

                                Après nous être préparés depuis plusieurs semaines à l’arrivée de la vague épidémique                                    du Corona virus, nous sommes entrés depuis la fin de semaine dernière dans la tempête                                  et dans le vif de l’action. Les réanimations et les unités de soins se remplissent                                                  rapidement de patients qui nécessitent des prises en charges lourdes et après avoir créé                                  de nombreux lits de réanimation nous arriverons probablement en fin de semaine                                              prochaine à une saturation. 

Alors que les personnels médicaux et paramédicaux étaient encore au combat il y a 3 semaines pour relever notre hôpital public, tout le monde a dû changer de cible pour assumer une crise sanitaire sans précédent. Aujourd’hui les personnels hospitaliers et leurs directions mais également du secteur libéral, les pharmaciens, les kinésithérapeutes et tous les autres acteurs de notre système de santé, chacun à sa place, démontre une résilience, une abnégation et un courage exceptionnel. Nous savons que les jours à venir seront durs, marqués par la fatigue, la peur quelquefois, le désarroi, la souffrance de ne pas arriver à sauver. 

D’autres acteurs du système de santé seront probablement touchés par la maladie, et devrons renoncer à soigner peut-être même certains d’entre nous serons hospitalisés et d’autres encore mourrons. Les patients et les familles seront également éprouvés par la souffrance et par la mort. 

Certains probablement se poseront la question du sens à donner à cette crise : à défaut de sens trouverons nous peut être la source de nos ennuis dans nos modes de vie que cette crise nous incite à changer et qui sont à rattacher aux cris de la Terre souffrante et martyrisée qui demande Grâce et pitié à l’Homme qui la maltraite. D’autres se demanderons peut-être si Dieu ne nous a pas abandonné. 

J’aimerais vous transmettre ma certitude que la présence de Dieu jailli dans l’unité faite autour de la prise en charge des plus en difficulté, dans l’entraide et l’humanité profonde qui soude toute la communauté aujourd’hui. Une multitude d’initiatives venues des uns et des autres montre un immense élan de solidarité (préparation et livraison de repas pour les soignants, fabrication artisanale de masques, aide à la garde d’enfants …) J’aimerais vous transmettre ma certitude que Dieu souffrant de nos épreuves, concerné et soucieux de notre devenir est bel est bien présent parmi nous, et peut être plus que jamais. Dieu a laissé à l’Homme la responsabilité du devenir de notre terre et a mis en lui toute son Espérance. Soyons frères et sœurs au rendez-vous de Dieu ! 

Confions particulièrement dans les jours qui vont venir les soignants, les patients, leurs familles, tous ceux et celles qui souffrent de l’isolement lié au confinement, nos morts auquel nous ne pouvons plus rendre hommage par des célébrations communautaires, nos politiques, nos pasteurs et les uns pour les autres. Aidez aussi les autres en respectant le confinement et les recommandations des mesures barrières. Que Dieu Bénisse chacune et chacun d’entre vous, En amitié Fraternelle, 

Lionel BADET Diacre permanent et médecin 

Courrier Maddie Flichy

                                                                            Lire

La nuit n’est jamais complète

Il y a toujours, puisque je le dis,

Puisque je l’affirme,

Au bout du chagrin

Une fenêtre ouverte,

Une fenêtre éclairée,

Il y a toujours un rêve qui veille

Désir à combler, faim à satisfaire,

Un cœur généreux,

Une main tendue, une main ouverte

Des yeux attentifs,

Une vie, la vie à se partager.

Paul Eluard

Merci de toute ces amicales pensées ; nous avons bien besoin de rester reliés par téléphone, internet, parfois une rencontre inopinée à un mètre de distance... et par la prière. Demain dimanche je pense que nous serons nombreux devant notre télé pour vivre la messe en communion de coeur. Je m'imagine à Saint-Bonaventure entourée de tous ces visages qui depuis des années m'entourent et sont pour moi l'Eglise, Corps du Christ.

 Nous avons bien de la chance d'avoir toutes ces offres pour vivre dans la foi ce temps d'épreuve qui touche douloureusement tant de personnes.

Je vous portes tous dans ma prière et mon amitié. Jacqueline Jeannerod

Vidéo

Découvrez « Lyon City - COVID19 » de Lyon Drone Service sur Vimeo.
La vidéo est disponible et peut être vue depuis https://vimeo.com/400678144
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Vimeo regorge de vidéos incroyables. Voir d’autres vidéos sur https://vimeo.com

de la part de Jacqueline Guillot

Duec Lyon remercie toutes les personnes et les structures pour leurs initiatives qui  donnent et prennent des nouvelles des personnes isolées et  fragiles. C'est  être solidaire et cela passe par de petits gestes et intentions toutes simples, un appel téléphonique, un sms, un courrier!

Nous avons créer une chaine de solidarité entre tous les membres de DUEC pour garder le contact  en  ces temps de crise sanitaire et d'isolément et c'est  une nécessité pour certains qui souffrent psychologiquement de ne pas pouvoir sortir.   L'évolution si rapide et violente de l'épidémie de Covid-19  engendre chez beaucoup des sentiments d'angoisse ou de solitude, qui se rajoutent à l'anxiété sociale si présente en France et dans le monde entier depuis plusieurs semaines.

En ce temps de Carême , prenons le temps de prier Dieu, le Christ.  Qu'il nous aide , qu'il aide notre terre à trouver la paix, la confiance  et l'Espérance de Pâques.

Bien fraternellement.

Nuno

Groupe DUEC

C'était en mars 2020

Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir

Mais le printemps ne savait pas, et les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait plus tôt

C'était en mars 2020

Les jeunes devaient étudier en ligne, et trouver des occupations à la maison, les gens ne pouvaient plus faire de shopping, ni aller chez le coiffeur. Bientôt il n'y aurait plus de place dans les hôpitaux, et les gens continuaient de tomber malades.

Mais le printemps ne savait pas, le temps d'aller au jardin arrivait, l'herbe verdissait

C'était en mars 2020

Les gens ont été mis en confinement pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion ni repas, de fête en famille. La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.

Mais le printemps ne savait pas, les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri, les feuilles ont poussé

Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même, ils ont appris une nouvelle langue, être solidaires et se sont concentrés sur d'autres valeurs. 

les gens ont réalisé l’importance de la santé, la souffrance, de ce monde qui s'était arrêté, de l’économie qui a dégringolé

Mais le printemps ne savait pas. les fleurs ont laissé leur place aux fruits, les oiseaux ont  fait leur nid, les hirondelles étaient arrivées

 

Puis le jour de la libération est arrivé, les gens l'ont appris à la télé. le virus avait perdu, les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins, sans masques ni gants

 

Et c'est là que l'été est arrivé, parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort. Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie

 

Tout va bien se passer, restez chez vous, protégez-vous et vous profiterez de la vie.

 

Anonyme, envoyé par Josiane Pradines-Grillet

Bonjour à tous,

 

aujourd'hui 20 mars 2020, c'est le printemps et il fait très beau.

 

Je vous espère toutes et tous en bonne santé et bien entourés.

En voyant le beau temps ce matin, j'ai pensé à la belle journée que j'allais pouvoir passer à lire devant ma fenêtr grande ouverte,sans aucun bruit dans la rue et sans pollution.

Je vais peut être vous ennuyer, mais je vais vous faire une petite chronique de mes premiers jours de confinement en espérant vous donner des idées d'occupation:

tout d'abord : génial on discute sans problème d'un immeuble à l'autre de chaque côté de la rue, j'ai découvert au 72 un jeune homme et son bébé, au 70 j'ai récupéré par une amie commune le telephone de la dame qui met des lampions, j'ai pu lui envoyer la vidéo faite par mon voisin du dessus pour qu'elle l'envoie à ses enfants, on a rendez-vous tous les soirs à 20h pour applaudir, et le 25 mars à 19h30 pour mettre nos lampions et prier avec les cloches des Eglises.

 

Mes petits voisins colocataires semblent raisonnables (??????) je pense qu'ils ont cours jusqu'à 16h30 parcequ'ils mettent la musique à 16h35. Si ils continuent comme ça je leur ferai un gâteau pour dimanche.

 

Mon voisin du dessus est en télétravail : un tee shirt bien correct en haut, mais en bas un vieux short de sport.

 

Famille, amis nous n'avons jamais autant pris le temps de discuter et de s'envoyer des bétises pour rire sur messagerie. Mais nous évoluons, nous avoons d'abord organisé des groupes de discussion WhatsApp, hier nous avons fait un apéritif en visioconférence (pas obligé de boire de l'alcool).

 

Sinon dans la journée : ménage (ce n'est pas ce que je préfère donc je distille pour en garder jusqu'à la fin ), lecture (j'avais beaucoup de retard), mots fléchés, télévision (KTO et les autres),

Et téléphone avec les retraités.

 

Ce soir 19h apéro fenêtres avec toute la rue.

 

25 mars 19h30 appel des évèques de France pour la Fête de l'Annonciation, les cloches des Eglises vont sonner, nous sommes tous appelés à mettre des bougies aux fenêtres.

 

J'envois ce message aux fidèles de Saint Bonaventure dont j'ai l'adresse, n'hésitez pas à faire suivre et à donner de vos nouvelles

 

Fraternellement, en communion de prière

 

Agnès Chavent

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

Sanctuaire Saint-Bonaventure - 7 place des Cordeliers - 69002 Lyon

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